Archives mensuelles : février 2016

Neuf ans après

La photographie commença « sérieusement » pour moi par un malentendu. Bien que mon père, photographe, ait tenté de m’en donner le gout dès mon plus jeune age, c’est le dessin puis la musique qui avaient occupé mes instants « créatifs ».

Bande dessinée Pin-Up_002_001

Ce n’est qu’en 2007, la trentaine entamée, que je commençais à jouer avec un appareil photo. Simplement car ma femme avait voulu qu’on achète un petit réflexe (un Nikon D50) mais qu’elle ne l’utilisait pas. J’ai commencé à jouer avec comme pour « amortir » un investissement.

J’ai découvert que ce passe temps répondait à une recherche chez moi : l’intemporalité. Cette capacité d’extraire du temps certaines perceptions pour les rendre quasiment éternelles. C’était comme avoir la capacité de soustraire une sensation à son irrémédiable disparition. A contredire les règles du temps et de la mémoire.

J’ai alors essayé bien des formats, bien des types d’esthétiques. Mais c’est le noir et blanc qui s’est imposé à moi assez rapidement. C’était sans doute un repère culturel évident pour moi qui avait trainé mes couches au milieu des livres photo de J.L. Sieff et dans le labo de mon père. Mais aussi parce que la couleur ne répondait pas à mon attente. J’ai souvent trouvé la couleur trop explicite, presque vulgaire dans sa façon d’imposer sa réalité. Bien sûr, la couleur a été capable d’éveiller des sentiments esthétiques en moi, mais très rarement elle ne m’a laissé ouvrir mon esprit au rêve, à l’évasion ou même à une réelle émotion.

J’ai donc parcouru les rues avec mon appareil pour capturer des essences visuelles. J’ai découvert Paris d’une autre façon. En prenant le temps d’arpenter ses rues, d’en sentir les pavés. En croisant ses habitants, la ville s’offrait à moi durant ces longues marches. Cette cité singulière m’offrait son histoire. De la grande Histoire à celle qui transpire de ses murs et qui imprègne ses habitants.

Et j’ai fait de même en Chine. Partant à la découverte de ruelles égarées ou d’immeubles gigantesques. La photographie devenait souvent un simple prétexte pour discuter avec des inconnus sans même que le language ne puisse nous permettre de nous comprendre.

J’ai aussi essayé de construire une représentation de ce que j’imaginais être les « parisiennes ». Mais peut être que je ne cherchais en fait qu’à dessiner la fraicheur, la spontanéité et l’optimisme de la féminité telle qu’elle m’émeut.

Tout cela m’a bien occupé et m’occupera certainement de nouveau prochainement. En attendant, même si cela a moins d’intérêt pour ceux qui visitent ce site, mon principal sujet de photographie est ma fille qui a maintenant un an. En soit, je pense que cela reste cohérent avec ce qui me pousse à aimer la photographie.

Puss In Boots