Dans la ville de Guilin (région autonome du Guangxi, en Chine), en plein mois d’aout, la chaleur et la torpeur de la journée est souvent très lourde à supporter. C’est pourquoi, quand le soir est venu et que les écoliers ont terminés leur journée les familles, les enfants et les jeunes couples viennent se rafraichir au bord (et dans) la large rivière.
Petite balade entre Guilin et Yuanshuo dans le Guangxi en Chine. Un paysage merveilleux, il va sans dire. Cependant, même si l’on ne croise que très peu de touristes étrangers, il est parfois difficile de savoir ce qui est authentique de ce qui est destiné aux touristes. A l’image de ce pêcheur devenu symbole d’une chine paisible et sereine grave à la pub de HSBC.
Nous pourrions souvent être tentés de projeter sur la chine actuelle, l’enfant roi, ce concept apparu chez nous il y a quelques dizaines d’année. En effet, l’enfant unique est gâté, choyé, il concentre l’attention exclusive de sa famille. De plus, comme en occident, il devient une cible privilégiée des annonceurs, étant lui-même prescripteur de consommation auprès de ses parents.
Il ne faudrait cependant pas penser que les choses se reproduisent exactement de la même façon dans cette culture au combien différente de la notre. Les rapports enfants-parents, gardent comme finalité la dévotion future des jeunes aux plus vieux.
Ville de Guilin dans le Guangxi en Chine. On le sait, le communisme en Chine n’a gardé de l’idéologie que le nom. Mais l’appareil et les habitudes sont toujours là. L’administration omniprésente. A un degré kafkaïen. Il suffit pour s’en convaincre de voir ces files d’attente interminable à l’entrée de certains organismes d’état ou même, parfois, à l’entrée de grand magasins.
Au petit matin, à Guilin dans le Guangxi, ces vieilles femmes chinoises se retrouvent au parc. C’est d’une part un bon moyen de profiter de la fraicheur matinale mais aussi et surtout … de papoter !
Je ne peux m’empêcher, avec mon regard d’occidental, d’imaginer l’océan historique que ces femmes ont traversé. Sans doute nées aux alentour de la proclamation de la République Populaire de Chine, elles ont connue le premier plan quinquennal, le Grand Bond en avant de 1958, la terrible famine qui s’en suivit (20 à 50 millions de morts), la Révolution culturelle de 1966 (400 000 à 1 million de morts sans parler des sévices subis) jusqu’à la transformation des années 80 insufflée par Zhou Enlai et opérée par Deng Xiaoping. Sans même parler de la révolte étudiante de 89.
Tout cela pour tenter d’expliquer le vertige qui me prend quand le tente de comprendre comment l’être humain peut traverser tant de choses dures et finir par rire gaiement, assis sur un banc au petit matin.
A Guilin, province du Guangxi en Chine. Une chaleur étouffante et une humidité très forte règnent sur la ville tout au long de la journée. Le soir venu, les familles viennent se détendre au bord du fleuve. Les enfants s’amusent à courir et à nager tandis que les adultes se rafraichissent simplement les pieds en les trempant dans l’eau.
Le Guangxi, région chinoise située au sud et frontalière du Vietnam, est peuplée à 40% de minorités ethniques (la plus importante étant celle des Zhuang). La révolution communiste de 1949 et la révolution culturelle ont tenté de noyer ces particularités (symbole rétrograde et facteur de division dans l’esprit révolutionnaire) pour imposer à tous une même vision de la nouvelle chine.
Depuis que la Chine est devenue une nation ouverte à l’économie de marché, sa politique envers ces minorités a totalement changé. Il s’agit maintenant de les mettre en avant afin de montrer la richesse culturelle de ce pays empire. Cependant, ce procédé est sournois. Les Han (ethnie dominante dans l’ensemble de la Chine) a imposé son mode de vie et procède d’une sorte de « colonisation » par leur implantation qui tends à rendre réellement minoritaire chaque ethnie dans sa région.
Les minorités deviennent alors des attractions touristiques où les traditions sont reléguées à une caricature folklorique.
La photo suivante illustre cette idée. Il s’agit là de représentants de l’ethnie « hmong-mien » qui proposent un spectacle pour les touristes. Touristes principalement chinois, issus de la nouvelle classe moyenne venant des grandes villes.













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